
Aux heures languissantes, un astre de lumière
Dardait derniers rayons sur des ondes apaisées
Embrasant l'horizon, le toit d'une chaumière
Posée sur le rivage, comme immortalisée
Les voiles rougeoyantes de quelques sinagots
Brillaient de mille feux pour refléter les ondes
Ne régnait que silence au fond du marigot
Qui attendait la nuit égrenant ses secondes
Herbes échevelées, bercées par le clapot
Se tenaient alignées au chemin du hallage
Une fine risée leur laissait en dépot
Traces de liberté en guise d'abordage
Le ciel tout délavé par la nuit frémissante
Attendait pour s'éteindre que la lune s'éveille
Espérant le repos aux ombres amarantes
Dans l'ultime sursaut d'un jour devenu veille...