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 S'EMERVEILLER ENCORE ... POUR APPRENDRE A ETRE HEUREUX...

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Michèle Schibeny
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MessageSujet: S'EMERVEILLER ENCORE ... POUR APPRENDRE A ETRE HEUREUX...   Dim 20 Nov - 10:37














Ils savent encore s'émerveiller





Certains posent des yeux éblouis sur tout, résistant à la lassitude comme au cynisme ambiant. À quoi tient cette capacité ? Comment la développer, ou,...





Certains posent des yeux éblouis sur tout, résistant à la lassitude comme au cynisme ambiant. À quoi tient cette capacité ? Comment la développer, ou, plutôt, la retrouver et ne plus la lâcher ? Sylvie, Chantal et Gilles nous racontent comment ils ont gardé leur regard d’enfant.




Rien n’est plus simple que de mesurer l’incroyable capacité d’émerveillement des humains. Il suffit d’observer un bébé âgé de quelques mois : tout le fascine, tout le captive. Tout l’enthousiasme. Son corps entier le dit, s’agite, il crie de joie ou de surprise à chaque découverte ou redécouverte. Il veut toucher, sentir, saisir, goûter l’insecte et la fleur, la barbe de son père et le jouet de sa soeur, le tissu des vêtements… Une trentaine d’années plus tard, le changement est saisissant : revêtu d’un costume-cravate ou d’un tailleur de circonstance, l’ex-bébé prend l’avion Strasbourg-Paris, tôt le matin, pour participer à une réunion importante. L’hôtesse de l’air lui sourit elle a d’extraordinaires yeux vert d’eau qu’il ne remarque pas. L’avion passe au-dessus des Vosges pendant que le jour se lève. Depuis le hublot, l’aube sur les montagnes est d’une beauté à couper le souffle. Personne ne la regarde. À part la femme du siège 4A, pourtant habituée au trajet, mais que le spectacle du lever du jour vu d’en haut bouleverse, chaque fois : fascinée, captivée. Émerveillée…




« L’émerveillement est une faculté poétique qui se décide », assure le philosophe Bertrand Vergely. Il sait de quoi il parle : un jour qu’il venait de donner une conférence autour de la souffrance et de la mort, un ami lui a demandé : « Et la joie ? Et la vie ? » « Il avait raison. Je m’y suis mis immédiatement ! »







Refuser l’aigreur, la dureté et la peur






Dans son dernier ouvrage, Retour à l’émerveillement, Bertrand Vergely explique, en détail, comment l’enfant émerveillé que nous fûmes presque tous découvre peu à peu, en plus des fleurs, des insectes et des rais de lumière où danse la poussière, le conflit, le travail, la responsabilité. « Et l’obligation écrasante de “devenir” », ajoute le psychiatre et psychanalyste Édouard de Perrot. Et comment nous nous retrouvons enfermés dans nos urgences, absorbés par la vie et par la réunion vers laquelle nous volons, imperméables aux beautés imprévisibles qui s’offrent à nous.





Bertrand Vergely raconte qu’en grandissant, nous échangeons peu à peu notre capacité d’émerveillement contre la capacité de comprendre, d’affronter, d’essayer de maîtriser le monde dans lequel nous avançons. En perdant de vue sa beauté, son mystère, sa magie. Et que, pour supporter l’âpreté et les rudesses inouïes de l’existence, nous choisissons l’idéalisme – « Une manière d’intellectualiser le rationnel, en réduisant la réalité à un concept » – ou le matérialisme – « Le contre-pied triste et tragique de l’idéalisme, qui dément toute explication intellectuelle ». En négligeant une troisième voie, qu’il définit comme un continent philosophique : l’émerveillement. Non pas la naïveté nue inhérente à l’enfance, ou le fait d’une « nature », d’un trait de caractère dont seraient dotées seulement la femme du siège 4A et une infime partie de la population, mais le choix délibéré, conscient, libre, de refuser l’aigreur, la dureté et la peur pour aborder le monde avec ouverture et gourmandise.




« S’émerveiller, c’est décider d’arrêter d’être inquiet et jouir de ce qui vient avec gratitude », résume le philosophe. Facile à dire, mais comment faire ? Cela reste un mystère. Édouard de Perrot, également spécialiste en neurosciences, suggère une clé : « À force d’intelligence, on peut perdre de vue son esprit. S’émerveiller, c’est accepter de ne pas tout comprendre. Et laisser les choses s’éclairer plutôt que vouloir les expliquer. » Le philosophe et le psychiatre s’accordent sur un autre point, majeur : l’épreuve, la difficulté, l’angoisse, ce sont elles qui nous privent de notre capacité d’émerveillement. Mais ce sont elles qui nous y ramènent, aussi. « L’émerveillement adulte est une expérience au coeur du coeur de l’humanité, poursuit Bertrand Vergely. C’est le plein derrière le vide ; encore faut-il accepter de passer par le vide… Les grands émerveillés sont des vivants formidables et font des indignés magnifiques, pourfendeurs de l’injustice. » Rien à voir avec la naïveté ou l’ingénuité, voire l’ignorance ou la niaiserie !



Le philosophe relate qu’en 1909 Alain écrivait : « Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de vie », et qu’en 1996, André Comte-Sponville répondait, en écho : « Comme la bière a goût de bière, la vie a goût de mort »… Être un humain émerveillé se choisit et s’apprend, résolument, avec plus ou moins de facilité en fonction des histoires et des individus. Bertrand Vergely et Édouard de Perrot définissent cela comme un travail, un cheminement ; un parti pris réaliste et concret devant lequel nous ne sommes pas tous égaux. « Le premier pas vers l’émerveillement, c’est l’émerveillement de soi-même, comme l’enfant qui découvre qu’il tient debout tout seul. Les neurosciences ne pourront jamais expliquer cette émotion-là », affirme le psychiatre. « S’émerveiller, c’est ouvrir ce qu’on croyait fermé », renchérit le philosophe. Et « accepter de se laisser toucher par la beauté, mystère absolu », concluent-ils.




Sylvie, 55 ans, éleveuse de moutons

« Mon enthousiasme m’a toujours menée là où j’avais envie d’aller : vers la vie et ses beautés »




« Quand j’étais petite fille, mon frère aîné et ma soeur cadette sont morts d’une maladie génétique. Avec une enfance pareille, c’est impossible de ne pas être conscient du bonheur d’exister. J’ai appris à être à la fois combative et fataliste. Je sais depuis toujours que rien n’est jamais acquis. La nature, dont je suis dépendante, ne se maîtrise pas, elle finit inévitablement par reprendre le dessus. Même si c’est beaucoup d’efforts, j’aime affronter son hostilité et continuer de me laisser surprendre par les brebis, définitivement imprévisibles. J’aime voir le foin pousser là où on l’a semé, et le paysage changer selon la manière dont on l’a façonné; j’aime la sauvagerie animale et végétale de cette terre, et la profusion de mon potager et des arbres fruitiers. Aucun agnelage ne ressemble à celui d’avant, et chaque saison est différente de toutes les autres. Je me régale chaque fois que je me promène sur cette terre, travaillée depuis des siècles ; j’ai l’impression d’y être au plus près des racines de l’homme, ça m’émeut encore et encore. J’ai toujours été très enthousiaste et, finalement, ça m’a toujours menée là où j’avais envie d’aller : vers la vie et ses beautés. À 12 ans, j’ai rencontré Alain. Très vite, j’ai su que ce que je voulais, c’était rester avec lui. Je n’ai jamais changé d’avis. Nous avons eu cinq enfants, puis six petits-enfants. Nous avons élevé des centaines de brebis, mis au monde des milliers d’agneaux et je suis émerveillée comme au premier jour de pouvoir vivre tout cela. Avec lui. »








Chantal1, 61 ans, sage-femme


« Mon métier me place à la source même de l’humanité. Je ne peux pas m’en lasser »





« La naissance n’est pas toujours une expérience merveilleuse; c’est une sorte de résumé de la vie des parents du bébé à naître. Mais depuis quarante ans que j’accompagne des femmes autour des questions de l’enfantement, je suis toujours stupéfaite par la force incommensurable dont elles font preuve pour affronter et traverser ce passage, qui les plonge pourtant dans une immense fragilité. Il n’y a pas de liberté plus grande que de choisir de donner la vie. En décidant de faire un enfant ou pas, de garder un enfant ou pas, les femmes se démarquent du monde animal; mon métier me place donc à la source même de l’humanité. Je ne peux pas m’en lasser. Être à leurs côtés à ce moment-là de leur existence est aussi magique, puissant et merveilleux que tenir le corps d’un nouveau-né qui vient de sortir du ventre de sa mère, juste avant qu’il prenne son premier souffle, et sentir que la vie va arriver, là, au creux de mes mains. Chaque naissance est un moment de vérité nue et d’humanité crue où tout se rencontre : la tête et le corps, l’émotion et la raison, la vie et la mort. Ça ne cesse de m’émerveiller et de me porter au plus près de ce qui me passionne depuis toujours : l’absolu féminin. Même après avoir vécu des milliers d’accouchements, j’en reste le témoin sidéré : le premier souffle, comme le dernier, est un moment extrême et mystérieux. »









Gilles, 50 ans, restaurateur


« Depuis que je suis né, j’ai de la chance, et la vie continue de ne me faire que des cadeaux »






« Moi, l’exceptionnel, je n’y crois pas. Le merveilleux est dans l’ordinaire, le quotidien. Voir mes enfants grandir et mes clients revenir, faire des projets avec ma femme depuis bientôt trente ans, refaire le monde au bout d’un bar avec mes copains… Je donne, je reçois, je partage. C’est comme cela que je vis, depuis toujours. Je suis en bonne santé. J’ai un beau métier, une famille qui tient la route : la vie me va à merveille! Des épreuves, j’en ai vécu, comme tout le monde, mais il y a toujours quelque chose d’étonnant à en tirer. Je choisis de ranger mes peines pour qu’elles ne m’empêchent pas d’être heureux. Depuis que je suis né, j’ai de la chance, et la vie continue de ne me faire que des cadeaux. Ma maman cuisinait. J’ai grandi dans l’amour généreux, avec cette idée que faire manger les autres, c’est forcément les aimer. Et ça ne s’est jamais démenti : quand on cuisine de cette manière, on reçoit au moins autant que ce que l’on donne. Je me souviens encore de mon émotion quand j’ai vu mes premiers clients saucer leur assiette. Pour rien au monde je ne lâcherais cela. Chaque jour, les gens viennent chez moi pour manger. Et, chaque jour, il se passe entre eux et moi quelque chose de joyeux, de vivant, de réjouissant. C’est comme un bonheur instantané. »



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