Poèmes, Photographies, Infographies, Peintures et Créations de Michèle Schibeny
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 POESIES D'AILLEURS

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Michèle Schibeny
Admin
avatar

Féminin
Nombre de messages : 5519
Age : 56
Localisation : LES MAZURES
Emploi/loisirs : Poète, Photo-Infographiste, Peintre
Humeur : artistique !
Date d'inscription : 30/09/2008

MessageSujet: POESIES D'AILLEURS   Mer 1 Oct - 2:54










Poésies D'Ailleurs







Psaume de Toukârâm





La coque du coco est dure:
La chair, un délice.

Pourquoi scruter le dehors
Quand le pur est au-dedans?

La peau du jaque est rugueuse:
Quelle saveur au-dedans!

L'écorce de la canne est noire:
Quel suc exquis au-dedans!

Le goût d'un mets, c'est le sel au dedans:
Il n'y a pas à le chercher ailleurs.

La saveur fait le prix.
Qu'importe l'apparence?


(grand poète indien 1598-1650)





I love you I love you I love you




Fleurir est aboutir





Fleurir est aboutir.Qui rencontre une fleur
Et l'observe en passant
Soupçonne à peine
Le rôle d'un détail mineur


Dans l'entreprise
Brillante et compliquée
Qui se présente sous la forme
D'un papillon offert au méridien.


Remplir le bourgeon, combattre le ver,
Obtenir son droit de rosée,
Régler la chaleur, échapper au vent,
Eviter l'abeille qui rôde,


Ne pas décevoir la grande nature,
L'attendre ce jour-là:
Etre une fleur est une profonde
Responsabilité!



Emilie Dickinson

(USA-1830-1886)




I love you I love you I love you




Vie fidèle à la Vie




La ville le dimanche
sur le tard
quand la paix est là
mais une radio gémit
entre les blocs aveugles
du fond des entrailles transies



et à qui marche dans la crevasse d'une rue
taillée net entre les banques parvient,
doux jusqu'au spasme, l'humain
tapi dans ses égouts, dans ses entresols,



trêve, oui et pourtant
quelqu'un, le front sur l'asphalte meurt
parmi quelques gens hébétés
qui s'attardent et se pressent autour de l'accident,



et nous sommes ici, réunis par le destin ou la hasard,
toi et moi, ma compagne de quelques heures,
dans cette sphère affolée
sous l'épée à double tranchant
du jugement ou de la rémission,



vie fidèle à la vie
où va, me demandé-je
tout ce qui a grandi en son sein,
cela descend ou remonte par à coups vers son origine...



bien que ce soit sans importance, bien qu'elle soit notre vie
rien de plus.




De Mario Luzi





sunny sunny sunny





Les lignes de nos mains




Les lignes de nos mains
ni Jaunes
ni Noires
ni Blanches
Ne sont point des frontières
des fossés entre nos villages
des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.

Les lignes de nos mains
sont des lignes de vie,
de Destin
de Coeur
d'Amour,
de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres
les vivants aux morts.

Les lignes de nos mains
ni blanches
ni noires
ni jaunes,
Les lignes de nos mains
Unissent le bouquet de nos rêves.




Bernard Dadié

(né en 1916 en Côte d'Ivoire)




sunny sunny sunny





Les marins




Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux
Leurs mains crevassées par les chasses marines
Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues
Portent les songes des frêles brigantines



Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d'Irlande
Retraités, usant les bancs au levant des chaumières
Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie-Galante
Ils lorgnent l'horizon blanc des provendes hauturières



Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs
Leurs crânes pensifs roulent leurs trésors inouïs
Des voiliers brisés dans les goémons rageurs
Et luisent leurs regards comme des louis



Les vieux de chez moi n'attendent rien de la vie
Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse
Mangé la cotriade et siroté l'eau-de-vie
La mort peut les prendre, noire comme la pinasse



Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué
Observant le port, le jardin, l'hortensia
Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria
"Adieu les belles, c'est le branle-bas"



Et les femmes des marins fermeront leurs volets.






Xavier Grall


de Landivisiau





flower flower flower






Les poèmes après les poèmes




Les poèmes après les poèmes semblables à des poèmes
et non semblables à des poèmes
ils dégagent un parfum de cuir étrillé
de métal chauffé:alors peut être



ne pas écrire du tout? ennui mortel!
on écrira sur ta tombe:"passant,
arrête-toi près de cette pierre
elle est pourrissante et au mot"Mon Dieu"



il n'est point de rime riche ni de main habile
ni de bouche ouverte-alors clos les paupières"
Au loi grondent tchétchènes et aztèques



mais ici tout est blanc et paisible comme dans une pharmacie
parfois une ampoule tinte contre le comptoir
ou bien c'est une pièce qui roule
sur la faïence: ou va-t-elle? elle s'est couchée côté face
dans le coin où la gloire où le tonnerre des victoires
gronde dans le poème à bon escient ou pas.




Viktor Krivouline (1944-2001)





I love you I love you I love you





Le Hareng saur




Il était un grand mur blanc-nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle-haute, haute,haute,
Et, par terre, un hareng saur-sec, sec,sec.



Il vient, tenant dans ses mains-sales,sales,sales,
Un marteau lourd, un grand clou-pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle-gros, gros, gros.



Alors il monte à l'échelle-haute, haute, haute,
> Et plante le clou pointu-toc,toc,toc,
Tout en haut du grand mur blanc-nu, nu, nu.



Il laisse aller le marteau-qui tombe, qui tombe, qui tombe
Attache au clou la ficelle-longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur-sec, sec, sec.



IL redescend de l'échelle-haute, haute, haute.
L'emporte avec le marteau-lourd, lourd, lourd;
Et puis, il s'en va ailleurs,-loin, loin ,loin.



Et, depuis , le hareng saur-sec, sec ,sec,
Au bout de cette ficelle-longue, longue, longue,
TRès lentement se balance-toujours, toujours, toujours.



J'ai composé cette histoire -simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens-graves, graves, graves,
Et amuser les enfants-petits, petits, petits.



Charles Cros (1842-1848)

(ingénieur et poète ,inventeur du télégraphe)






study study study





Ce pays est le nôtre





Ce pays qui ressemble à la tête d'une jument,
Venue au galop de l'Asie lointaine
Pour se tremper dans la Méditerranée,
Ce pays est le nôtre
Poignets en sang, dents serrées, pieds nus,
Terre qui ressemble à un tapis de soie,
Cet enfer , ce paradis est le nôtre.



Que les portes se ferment qui sont celles des autres,
Qu'elles se ferment pour toujours
Que les hommes cessent d'être les esclaves des hommes,
Cet appel est le nôtre



Vivre comme un arbre, seul et libre,
Vivre en frères comme les arbres d'une forêt,
Ce rêve est le nôtre




Nazim Hikmet


né en TUrquie en 1902 et
décédé en 1963





sunny sunny sunny






Des mots des mots





Les mots russes sont devenus
des peupliers l'hiver
plus noirs que la terre du fossé
en plein dans la bouche obscure


On circule entre eux dans la boue
on a froid de les dire
tandis qu'on rentre à la maison
parmi la syntaxe qui boite




Viktor Krivouline (1944 2001)





I love you I love you I love you






Bouteille à la mer





Trois rochers, quelques pins calcinés, un ermitage.
Un peu plus haut
Se réitère le même paysage:
Trois rochers en forme de vantail, rouillés,
Quelques pins calcinés noirs et jaunes,
Une maisonnette carrée engloutie dans la chaux
Et plus haut, encore , plusieurs fois,
Reprend le même paysage, en gradins
Jusqu'à l'horizon, jusqu'au ciel du couchant.



Ici, nous avons jeté l'ancre pour réparer nos rames brisées,
NOus désaltérer, dormir.
La mer qui nous a meurtris, la mer profonde et insondable,
Déploie son calme sans limites.
Ici parmi les galets, nous avons trouvé une monnaie d'argent
Et nous l'avons joué aux dés.
Le plus jeune gagna, on ne le revit plus.



Nous sommes repartis avec nos rames brisées.



Georges Séféris
(Grèce)






sunny sunny sunny





Voilier




Dans la nuit haute
Sans garde
Le souvenir d'un voilier
Soupir de veine
Fendu comme une grenade



Comme si la mer
Se déversait furieuse
Sur la mémoire
Dépenaillées les bribes
Les voiles
Les vagues
Le nom
Du vaisseau blanc



Rien que la longue randonnée
Le goût du sel
Happée de bouche en bouche
Telle une aumône perdue
De rive en rive
La blanche clarté d'une lame.



Claire Gebeyli


(liban)





:drunken: :drunken:





Je vous salue





Vous les fouilleurs de poubelles
les infirmes
aux moignons crasseux
les borgnes
les hommes rampants
vous les maraudeurs
les gamins des taudis
je vous salue.
Quel fardeau portez vous
en ce monde immonde
plus lourd que la ville
qui meurt de ses plaies?
Quelle puissance
vous lie à cette terre frigide
qui n'enfante des jumeaux
que pour les séparer?
Qui n'élève des buildings
que pour vous écraser
sous les tonnes de béton
et d'asphalte fumant?
Vous les mangeurs
de restes
les sans logis
les sans abri
Quel regard portez vous
sur l'horizon de feu ?




Véronique Tadjo

1984






flower flower flower








Les paumés du petit matin






Ils s'éveillent à l'heure du berger
POur se lever à l'heure du thé
Et sortir à l'heure de plus rien!
Les paumés du petit matin
Elles, elles ont de l'arrogance
Des filles qui ont de la poitrine
Eux ils ont de l'assurance
Des hommes dont on devine
Que le papa a eu de la chance
Les paumés du petit matin



Venez danser
Copain, copain, copain, copain...
Venez danser
Et ça danse les yeux dans les seins



Ils se blanchissent leurs nuits
Au lavoir des mélancolies
Qui lave sans salir les mains
Les paumés du petit matin
ILs se racontent à minuit
Les poèmes qu'ils n'ont pas lus
Les romans qu'ils n'ont pas écrits
Les amours qu'ils n'ont pas vécues
Les vérités qui ne servent à rien
Les paumés du petit matin



L'amour leur déchire le foie
C'était , c'était si bien
C'était... vous ne comprendriez pas
Les paumés du petit matin
ILs prennent le dernier whisky
ILs prennent le dernier bon mot
ILs reprennent le dernier whisky
ILs prennent le dernier tango
ILs prennent le dernier chagrin
Les paumés du petit matin



Venez pleurer
Copain, copain ,copain, copain
Venez pleurer
Et ça pleure les yeux dans les seins
Les paumés du petit matin.




Jacques Brel






flower flower flower







Rosa



C'est le plus vieux tango du monde
Celui que les têtes blondes
Anonnent comme une ronde
En apprenant leur latin



C'est le tango du collège
Qui prend les rêves au piège
Et dont le sacrilège
De ne pas sortir malin



C'est le tango des bons pères
Qui surveillent l'oeil sévère
Les Jules et les Prosper
Qui seront la France de demain



Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosae
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis



C'est le tango des forts en thème
Boutonneux jusqu'à l'extrême
Et qui recouvrent de laine
Leur coeur qui est déjà froid



C'est le tango des forts en rien
Qui déclinent de chagrin
Et qui seront pharmaciens
Par ce que Papa ne l'était pas
C'est le temps où j'étais dernier
Car ce tango rosa rosae
J'inclinais à lui préférer
déjà ma cousine Rosa



C'est le tango des promenades
Deux par seul sous les arcades
Cernés de corbeaux et d'alcades
Qui nous protégeaient des pourquoi



C'est le tango de la pluie sur la cour
Le miroir d'une flaque sans amour
Qui m'a fait comprendre un beau jour
Que je ne serais pas Vasco de Gama



Mais c'est le tango du temps béni
Où pour un baiser trop petit
Dans la clairière d'un jeudi
A rosi cousine Rosa



C'est le tango du temps des zéros
J'en avais tant des minces des gros
Que j'en faisais des tunnels pour Charlot
Des auréoles pour saint François



C'est le tango des récompenses
Qui allaient à ceux qui ont de la chance
D'apprendre dès leur enfance
Tout ce qui ne leur servira pas



Mais c'est le tango que l'on regrette
Une fois que le temps s'achète
Et que l'on s'aperçoit tout bête
Qu'il y a des épines aux Rosa.



Espérons que les chouettes tangos reviennent et que les oeufs pourris qu'on envoie sur les profs se limitent à Hier...




J.Brel










Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://histoiredaimer.forum-actif.net
 
POESIES D'AILLEURS
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Rapport Gwendalavir et l'Ailleurs
» Sarah dans Nulle Part ailleurs
» L'extrait de Sly à Nul Part ailleurs. (merci The Van)
» Prière de fouiller ailleurs - Télérama du 10/12/2008- p 11
» PARLONS DES LEGUMES EN POESIES

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
HISTOIRE D'AIMER :: SURPRISE !-
Sauter vers: